Mechanisms of Paracrine and Endocrine Disorders (MoPED)
En route vers les mécanismes des anomalies de signalisation
Co-dirigée par la professeure Anne Barlier et la chercheuse Heather Etchevers, l’équipe MoPED (Mechanisms of Paracrine and Endocrine Disorders) lie les principes fondamentaux de la biologie du développement, moléculaire et des cellules souches à des approches diagnostiques et thérapeutiques innovantes. Notre mission : résoudre les défis cliniques à l’interface des systèmes nerveux et endocrinien, un domaine connu sous le nom de neuroendocrinologie. En combinant biologie du développement, génétique et ingénieurie de cellules souches, nous visons à traduire nos découvertes en solutions diagnostiques et thérapeutiques innovantes pour les patients.
Le système neuroendocrinien maintient un équilibre vital
Le système neuroendocrinien regroupe des glandes endocrines essentielles dont l'hypophyse qui effectue la régulation centrale de toutes les autres.
Ces cellules partagent des propriétés neuronales et ajustent leur sécrétion hormonale tout au long de la vie pour maintenir l’équilibre des fonctions critiques du corps, ou "homéostasie".
Nos axes de recherche
Tumeurs neuroendocriniennes : un défi thérapeutique
Les TNE (tumeurs neuroendocriniennes) présentent des défis majeurs :
- Diversité des localisations et des profils moléculaires
- Accessibilité limitée (notamment des tumeurs hypophysaires)
- Méconnaissance de leur étiologie et physiopathologie
Notre approche : décrypter les signaux paracrines et endocriniens pour développer des thérapies ciblées.
Découvrir les principes des maladies rares hypophysaires
Située à la base du cerveau, l’hypophyse – dérivée de l’ectoderme embryonnaire – orchestre des fonctions vitales :
- ✅ Croissance et puberté (via l'hormone de croissance ou GH)
- ✅ Reproduction et lactation (par les hormones FSH, LH et PRL)
- ✅ Réponses au stress et changements de métabolisme (par les hormones de stimulation du thyroïde [TH] et des surrénales [ACTH])
Nous investiguons à la fois les déficiences et hypersécrétions d'origine génétique. Les interactions cellulaires entre l’hypophyse et son microenvironment sont très importantes pour assurer le développement normale mais également dans les anomalies hypo/hyper et la tumorigenèse.
Neurocristopathies : à partir de développement dérégulé ou redéployé au mauvais moment
Nombreuses malformations congénitales et tumeurs touchent les dérivés de la crête neurale ("CN", par exemple : naevi mélanocytaires, mélanomes, neuroblastomes, phéochromocytomes). La CN partage avec l'hypophyse une origine ectodermique. Certaines des anomalies des dérivés de la CN ont une origine génétique en mosaïque – mais nous savons que les cellules sans variant génétique de l'ADN participent également à la progression des maladies.
Puisque l'hypophyse est entouré et perfusé par des cellules d'origine CN, nous explorons l’hypothèse que certaines maladies neuroendocriniennes développementales ou prolifératives pourraient être des neurocristopathies indirectes, où des dérèglements de la signalisation paracrine (communications entre cellules voisines) jouent un rôle clé. Ces mécanismes pourraient expliquer la variabilité phénotypique de neurocristopathies comme le naevus géant congénital mélanocytaire ou les néoplasies multiple endocriniennes (NEM1/2), qui sont des sujets d'études actuelles dans l'équipe. D'autres mécanismes paracrines de la mise en place de l'hypophyse au cours du développement pourraient expliquer une partie de la variabilité clinique de certaines hypopituitarismes pourtant ayant des anomalies génétiques identiques.